Les bons réflexes pour piloter et motiver son équipe à distance

Manager à distance : le nouveau défi du vigneron

Avec la crise du Covid-19, les vignerons ont dû adapter l’organisation de leur domaine, notamment en favorisant le télétravail pour certains profils métiers (marketing/export, finance, etc.). Cette situation suscite non seulement des problèmes techniques mais elle génère aussi des difficultés en matière de management pour planifier, coordonner, motiver et arbitrer à distance. L’exercice est complexe et mieux vaut que les vignerons s’y préparent car cela pourrait durer quelque temps encore.

Relever le défi du management à distance

Si #LaVigneContinue, les verrous posés par le confinement ont cadenassé les carnets de commandes mais aussi ébranlé les valeurs fondamentales de ceux qui font le vin : la proximité, l’hospitalité, la convivialité et le collectif.

Ces valeurs qui irriguent notre filière ont une incidence sur la façon de prévoir, de décider mais aussi de coordonner les activités au sein d’un domaine viticole. Sur le plan affectif, la relation entre le dirigeant et les salariés est très forte au sein des domaines familiaux. Les relations personnelles jouent un rôle déterminant dans l’action et dans l’efficacité collective.

Les récentes mesures gouvernementales prises en matière de télétravail amènent à s’interroger sur ce qui change dans le management des collaborateurs au sein d’un domaine.

Le travail à distance a une incidence sur l’atmosphère de travail et sur les relations interpersonnelles. Du point de vue relationnel, le contexte de communication est appauvri. Il n’y a plus de place pour les échanges informels, ni pour les moments de convivialité. Le manager n’a plus accès au langage non verbal, à des informations de contexte précieuses, qui renseignent également sur le niveau de motivation et sur les préoccupations de chaque salarié.

En matière d’organisation, la coordination des activités devient plus complexe à exercer pour structurer les actions de façon cohérente et optimisée entre ceux qui sont présents sur le domaine viticole et ceux qui travaillent ‘’à la maison’’.

Côté management, la supervision directe n’est plus possible. Le contrôle des activités peut difficilement s’exercer de visu.

Enfin, le travail à distance nécessite une bonne maîtrise technique des outils de travail en équipe à distance : agenda partagé, réunions virtuelles sous Skype, Zoom ou Teamworks, etc.

Si le vigneron n’adopte pas les bons réflexes, le télétravail d’une partie des collaborateurs peut nuire à l’efficacité et à la crédibilité de l’équipe vis-à-vis de ses clients et de ses partenaires. Cela peut également décourager durablement certains collaborateurs, conduire à l’isolement et au désengagement.

Encadrer et encourager à distance

La coordination à distance

Les bureaux physiques permettent des échanges fréquents, sur le vif. On repère le point de blocage, on trouve la solution rapidement. À distance, c’est différent. Fini les rencontres improvisées, il faut planifier et suivre les activités, pour éviter que chacun travaille dans son coin et que le dirigeant ne s’épuise dans un rôle d’interface intenable. Cela peut se réaliser à travers différents outils de management : un calendrier de travail partagé, la mise en place de relevés hebdomadaires d’activité, des fichiers partagés et l’organisation de points de rencontres virtuelles pour impulser régulièrement le tempo à son équipe.

Le contrôle à distance

Le manager n’est plus sur le terrain pour analyser finement les situations de travail et évaluer les résultats. Bien loin d’une “prise de main à distance” destinée à identifier les erreurs ou les manques, il s’agit de faire confiance tout en récoltant suffisamment d’informations pour suivre l’avancement des tâches. Contrôler, ce n’est pas surveiller le travail. Il est important de formuler des consignes claires dès le départ sur un objectif concret, spécifique, en plaçant la barre au bon niveau pour s’assurer que le collaborateur a bien les moyens d’atteindre l’objectif dans le délai imparti.

Contrôler, c’est aussi amener le collaborateur à s’autoévaluer en le questionnant : “Est- ce que cela te paraît satisfaisant ? Que faudrait-il pour que cela le devienne ? Que vas-tu faire concrètement pour faire évoluer la situation dans ce sens ?”

Finalement, faire confiance, c’est permettre à chacun, en fonction de son autonomie, de trouver son chemin sans l’imposer.

L’importance de la météo personnelle

Le pilotage à distance ne doit pas être centré uniquement sur les tâches des collaborateurs. La perception des signes de préoccupations est indispensable car elle a aussi un impact sur la production et sur les résultats. Demander à chacun sa météo personnelle fait partie des questions à poser pour repérer les possibles désengagement ou démotivation de certains collaborateurs.

La porte ouverte en mode virtuel

À distance, il devient difficile pour un collaborateur de lancer une nouvelle idée ou d’échanger spontanément. La manager doit être accessible en pratiquant la porte ouverte à distance, en précisant par exemple des plages horaires de disponibilité pour des échanges informels. Le plus important est d’être réactif dans sa réponse au collaborateur. Le feedback et le soutien sont plus que jamais nécessaires pour l’encourager et lui permettre d’accomplir les objectifs fixés.

Anticiper davantage, formaliser le travail à réaliser, faire des feedbacks réguliers, booster les discussions et la coopération au sein de chaque réunion virtuelle sont autant de clés pour motiver et pour responsabiliser son équipe à distance.

Saisir l’opportunité du télétravail comme un levier d’attractivité

La pratique du télétravail n’est pas nouvelle pour la filière. Certains domaines viticoles avaient déjà recours au travail à distance pour certaines fonctions (commerciale, marketing) afin de pallier un déficit d’attractivité de main-d’œuvre en milieu rural.

La crise sanitaire du Covid-19 a conduit les entreprises du vin à aller plus loin en favorisant le développement du travail à distance.

À l’issue de cette crise, il est possible que le management à distance soit perçu comme une opportunité par les collaborateurs souhaitant disposer de plus d’autonomie dans la gestion de leur travail et dans l’organisation de leur temps.

Les entreprises du vin devront intégrer à moyen terme ces nouvelles attentes à travers leur promesse employeur et la maîtrise du management à distance.
silhouette de montgolfire au soleil couchant

Passage en biodynamie : les 6 points prioritaires

Convertir son vignoble en biodynamie est un vrai projet de changement

C’est souvent par conviction que le vigneron cherche à redonner à la plante et au sol un équilibre, une vitalité déréglée par des traitements chimiques à répétition.

Il devra prendre de la hauteur, gérer sa motivation et mobiliser de nombreuses ressources personnelles face aux difficultés qui se présenteront à lui tout au long de ce projet.

Pourtant, le choix de réorienter son vignoble en biodynamie n’est pas une décision facile à prendre. C’est un choix risqué, qui nécessite une adaptation de son matériel, de son organisation de travail ainsi que des compétences particulières pour les préparations biodynamiques.

C’est rentrer dans une nouvelle logique de production pour s’orienter vers une stratégie plus qualitative qui dynamise la plante et son environnement.

C’est construire une nouvelle politique commerciale auprès des circuits de distribution spécialisés pour accéder à de nouveaux marchés à plus forte valeur ajoutée.

C’est finalement un changement qui touche les habitudes de travail du vigneron. Il peut être amené à traverser différentes étapes personnelles : entre la frustration, le doute, la remise en question mais aussi la surprise et la joie qui accompagnent la découverte et l’apprentissage de nouvelles façons de faire.

Convertir son vignoble en biodynamie nécessite de nouvelles capacités techniques et commerciales mais aussi la capacité humaine à piloter ce changement.

Parmi les points prioritaires à examiner pour le vigneron :

  1. anticiper les changements techniques en amont du projet de conversion ;
  2. mettre en place une nouvelle organisation pour gérer l’augmentation de la charge de travail ;
  3. bien communiquer auprès de son équipe ce qui va changer ;
  4. faire des essais et apprendre de ses erreurs ;
  5. gérer sa motivation tout au long du processus pour dépasser les étapes difficiles ;
  6. mener le changement jusqu’aux circuits de distribution.

Pour illustrer les 6 points prioritaires, j’ai choisi d’interviewer Carel Voorhuis, l’ancien régisseur du Domaine d’Ardhuy à Corgoloin en Bourgogne.

Il a vinifié un large éventail de crus en viticulture raisonnée avant de conduire avec succès la certification du domaine en biodynamie en 2012. Après 14 ans passés au Domaine d’Ardhuy, Carel vient de rejoindre la Maison Camille Giroud en tant que régisseur…

A découvrir dans notre article  Piloter le changement : retour d’expérience de Carel Voorhuis

Par Sylvie Brasquies, publié le 23 novembre 2017
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Jeune manager

Que faut-il attendre d’un coach dans l’univers du vin ?

Que faut-il comprendre derrière le terme coaching ? 

Si le coach était un cépage, ce serait sans doute le cabernet sauvignon, car c’est le cépage plus planté au monde ! Je suis coaché, tu es coaché ? Il est coaché ? Tous coachés ! Le concept de coaching s’est propagé ces 10 dernières années dans tous les secteurs de la vie sociale et professionnelle pour réussir sa carrière, gagner une compétition, pour séduire, pour cuisiner etc… avec des résultats assez variables.

Dans l’univers du vin, le coaching se découvre une autre approche. Assez peu utilisé, le terme coaching est d’abord associé à la notion de transmission de connaissances entre un expert du vin et des consommateurs passionnés. 

Le coaching s’invite également en sommellerie et en œnologie où il se veut un partage d’expériences de dégustations entre restaurateurs, importateurs, entreprises et particuliers. 

Dans les deux cas, l’enjeu de ce qui est désigné comme coaching est d’apprendre, de comprendre, de découvrir. En tant que consultant œnologue, Philippe Cambie a été consacré ‘’coach des vignerons’’ ; pour lui, l’essentiel est de ‘’comprendre les objectifs de chacun et les mettre en adéquation avec le potentiel du domaine. Ce qui est important pour moi, c’est la réussite économique de ceux que je conseille’’.

Les différents types de coaching

Pour mieux comprendre ce concept, il est intéressant de se référer à quelques définitions de la commission coaching du Syntec Conseil en Evolution professionnelle, qui distingue le coaching individuel, collectif et d’équipe :

– ‘’Le coaching individuel permet d’élaborer de nouvelles solutions et des comportements en adéquation avec les enjeux et les ambitions des individus et les besoins de l’entreprise.’’

– ‘’Le Coaching collectif permet de partager les ressources et les problématiques d’un groupe d’individus et d’élaborer la mise en œuvre de solutions individuelles et/ou collectives pour un même objectif de développement et de performance.’’

– ‘’Le Coaching d’équipe permet de co-construire et partager la stratégie d’équipe autour d’une cohésion et d’objectifs communs de développement du niveau de maturité de l’équipe.’’

A qui s’adresse le coaching?

Ces différentes définitions permettent de poser le coaching comme un instrument qui s’adresse à tous, aux dirigeants de l’exploitation viticole, comme aux experts ou aux chefs d’équipe.

Que va réellement m’apporter un coaching? 

L’enjeu est bien d’ouvrir le champ des possibles pour l’individu ou l’équipe , en se basant sur les ressources actuelles et potentielles d’une part et en se calant sur des objectifs à atteindre d’autre part .

En ce sens, les domaines viticoles peuvent avoir recours à un accompagnement de type coaching dans de nombreuses situations pour :
– améliorer le fonctionnement avec son équipe
– prendre un nouveau poste
– gérer des conflits et du stress
– se développer dans son poste
– accompagner un changement de l’entreprise (fusion, réorganisation)
– évoluer dans un environnement multiculturel
– mieux piloter un projet
– se préparer à l’expatriation ou bien au retour d’expatriation

En conclusion, le coaching s’affirme comme un véritable outil au service du développement et de la performance pour les exploitations et les entreprises du vin.

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